Trop de temps libre.
Je lis et j’achète des livres à outrance. Je lave mon appartement et il est magnifiquement propre et rangé. Je revois mes films préférés. Je ne dors pas assez. Je ne mange pas assez non plus. L’eau n’est pas potable, mais je préfère mourir de soif que d’aller m’acheter de l’eau. Je travaille tout le temps. J’ai tout le temps envie de pleurer. J’ai tout le temps froid et ça draine toute mon énergie, toutes MES énergies, ça ampute ma bonne humeur et ma faculté de réflexion. J’angoisse à l’idée de dormir seule dans mon appartement vide. Je crois que le Kid est parti sans même un câlin, un aurevoir emprunté, une note laissée au hasard d’une porte ou d’un réfrigérateur. Et ça me rend triste.

Genre allo, ma vie est dégueu.
Mes dents se cassent seules dans ma bouche, j’ai un don pour détruire mes relations amoureuses, mes colocs m’énervent, je travaille trop, je ne dors pas assez, je ne mange pas assez non plus, je suis tout le temps à al dernièr eminute, je ne sais pas quoi faire l’an prochain, je suis mêlée, je m’ennuie de ma famille, le ménage n’est jamais vraiment fait, tout m’énerve et voilà.

Ça suffit, la sous-alimentation et la carence en sommeil !
Ça suffit, la surexploitation de mes capacités et de mes journées déjà trop chargées !
Ça suffit, l’air bougon, les crises de nerfs, les crises de larmes !
Maintenant, on DORT et on MANGE !

… demain, là, je suis occupée.

Et si on dormait ?

Je n’ai jamais eu aussi hâte à une relâche, je le crois bien.

Alternatives

Je pourrais aussi travailler pendant toute l’année.
Voyager en sac à dos.
Faire une immersion dans un autre pays.
Devenir éboueuse.
Terminer mes Sciences de la nature.
Publier un roman.

Spleen.

J’ai un spleen de fin d’été.
C’est la première fois que j’ai ce genre de sentiment. Un moment de désoeuvrement complet. J’ai des devoirs intéressants, des choses à planifier, des amis, un amoureux, des colocataires, mais ça ne me tente pas de faire quoi que ce soit, juste de me coucher et de dormir encore un peu plus, fatiguée ou pas. Le FMBM a été un moment de folie, tout comme mon été au CEPAS, et où j’ai couru comme une dératée, dormant trop peu, mangeant n’importe quoi, mais avec un plaisir fou. Je sais que ma session va finir en course contre la montre, mais pour l’instant, les projets ne font que commencer et je suis encore au ralenti, en train d’attendre que tout se mette en branle pour de bon. J’ai toujours le coeur au bord des lèvres, mais l’estomac serré, les jambes qui fourmillent d’insectes, mais le corps las.
Je n’aime pas particulièrement ce sentiment.

Où es-tu ?

T’es où ?
Hein, t’es où ?

Pourquoi je n’ai plus de nouvelles de toi ? Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu venais en Gaspésie ? As-tu reçu le livre que je t’ai envoyé, Le Joueur d’échecs avec quelques mots juste pour toi dedans ? Pourquoi laisses-tu mes lettres sans retour ? Pourquoi tu ne réponds pas à mes courriels angoissés ? Pourquoi ne m’appelles-tu pas pour me rassurer ? Pourquoi, même à des kilomètres de moi depuis des mois, continues-tu de me faire pleurer parce que je m’inquiète pour toi ?

Dis-moi où tu es. Comment tu vas.
J’ai juste envie de te voir et de te serrer dans mes bras.