Mon pas est léger et élastique. J’ai un peu le tournis, comme un mal de mer, et un grand sourire sur le visage. Mes distances sont nulles, ma tête va éclater, mon souffle est court, j’ai envie de vomir.
Non, je ne suis pas en amour : je viens seulement de réussir mon test de Cooper.
Comme quoi le succès et la sueur ont des réactions qui savent apaiser les pires maux.

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Bonjour.
Je suis un sous-déchet de l’humanité incapable d’être heureuse et qui fait donc tout pour saccager son bonheur à grands coups de scie à chaîne.
Avec succès.

Merci.

Je suis fière d’une chose : cette session-ci, je me force enfin à prendre le temps de lire. En trois ans, c’est la première fois que je me donne de véritables objectifs de lecture et que je prends au sérieux mes résolutions. Je m’arrête pour savourer un livre, ou deux, ou trois, je me fais des critiques, je découvre de nouveaux auteurs, je peux enfin rendre les livres empruntés. J’ai lu une bonne vingtaine de livres depuis le début de la session et je suis heureuse d’avoir vraiment avancé dans ma liste de lecture, qui se garnit tout de même vite de mes nouveaux achats (le GROS désavantage de travailler dans une librairie : la surexposition à la tentation)(tentation que ma nature épicurienne se tarde de résoudre) et mes emprunts réguliers.
Livres en anglais, en français, romans étrangers, québécois, canadiens, psychopop à deux balles qui permet de me détendre, classiques de la littérature, livres populaires, distraction facile et théâtre en rimes.

Étonnamment, en deux jours, tout s’est arrangé. Comme si la VIE avait décidé de cesser de me faire chier. Ou que mon temps de réflexion avec Chéri me redonne la paix d’esprit. Je dors, je mange, j’ai recommencé le tricot, j’ai du temps libre, j’ai une certaine vie sociale, je peux me permettre de me coucher tard, je travaille beaucoup sans pourtant être épuisée.
C’est ça.
Ou une autre chose. Une personne à qui sourire fait du bien et avec qui le temps passé est agréable, complice, différent. Ça fait juste du bien, une fois de temps en temps, de s’échapper de la routine et de l’environnement habituel pour courir vers de nouveaux horizons.

Cette année, je crois que je vais partir en sac à dos.
Faire Compostelle.
Faire l’expédition de kayak de ma vie. Faire du kayak longtemps, dans l’eau salée, la pluie et le soleil, jurer, être seule et heureuse.
Travailler je ne sais où.
Pratiquer mon espagnol dans des pays étrangers.

L’université viendra plus tard.
J’ai le droit. Je vais avoir 20 ans ; tout est plus beau à cet âge.

Maintenant.

Genre allo, ma vie est dégueu.
Mes dents se cassent seules dans ma bouche, j’ai un don pour détruire mes relations amoureuses, mes colocs m’énervent, je travaille trop, je ne dors pas assez, je ne mange pas assez non plus, je suis tout le temps à al dernièr eminute, je ne sais pas quoi faire l’an prochain, je suis mêlée, je m’ennuie de ma famille, le ménage n’est jamais vraiment fait, tout m’énerve et voilà.

Ça suffit, la sous-alimentation et la carence en sommeil !
Ça suffit, la surexploitation de mes capacités et de mes journées déjà trop chargées !
Ça suffit, l’air bougon, les crises de nerfs, les crises de larmes !
Maintenant, on DORT et on MANGE !

… demain, là, je suis occupée.

J’suis toxique.