Où es-tu ?

T’es où ?
Hein, t’es où ?

Pourquoi je n’ai plus de nouvelles de toi ? Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu venais en Gaspésie ? As-tu reçu le livre que je t’ai envoyé, Le Joueur d’échecs avec quelques mots juste pour toi dedans ? Pourquoi laisses-tu mes lettres sans retour ? Pourquoi tu ne réponds pas à mes courriels angoissés ? Pourquoi ne m’appelles-tu pas pour me rassurer ? Pourquoi, même à des kilomètres de moi depuis des mois, continues-tu de me faire pleurer parce que je m’inquiète pour toi ?

Dis-moi où tu es. Comment tu vas.
J’ai juste envie de te voir et de te serrer dans mes bras.

La limite

Je file le parfait bonheur avec Chéri depuis trois mois. Avec l’été, on se voit quand c’est possible, quand je suis à Gaspé pour le Collectif de cinéma, quand lui peut venir chez moi une soirée, entre deux journées de travail. Pour en profiter avant que je parte un mois et qu’on doive soupirer pendant des heures, lui à Gaspé, moi à La Malbaie.
Mais, intellectuellement, j’ai une limite.
Je ne veux pas qu’il me fasse de clé de son appartement.

Pourtant, j’y suis souvent. J’aide à la décoration des lieux, je l’aide pour le ménage, je dors là, je mange là, je me lave là et j’y suis minimum deux à trois jours par semaine. Le lucky number thirteen est un petit bout de moi, comme le 45 l’a été, comme le 49 l’a été et comme le 22 le sera. Et pourtant, je refuse totalement d’en avoir une clé.
Peut-être parce que c’est encore trop d’engagement pour moi, dans ma tête. Peut-être que ça me fait un peu peur et que je me braque pour rien, même si je sais parfaitement que Chéri me laisse avancer à mon rythme et poser les limites qui me plaisent et me confortent, les faisant tomber petit à petit. Et même si je déplace beaucoup d’air pour très peu.